
Noms locaux et variantes: Yabihin
Nom latin: Atropa mandragora
Famille botanique: Solanacée
Description : La mandragore est une plante des pays du pourtour méditerranéen. La plante est une herbacée " décevante ", sans tiges, avec de grandes feuilles molles près
du sol, comme de la laitue. Les fleurs d'automne, blanches ou mauves, donnent naissances á des baies jaunes ou rouges qui réémettent la lumière blanche. La racine est une rave impressionnante,
brune á l'extérieur, blanche á l'intérieur. D'une taille pouvant atteindre 60 á 80 cm, elle peut peser plusieurs kilos.
Propriétés pharmacologiques: La plante est riche en alcaloïdes délirogènes. Ces substances parasympathologiques entraînent notamment une mydriase et une narcose. Il Îagit d'atropine, de
scopolamine et surtout d'hyociamine. Longtemps controversée pour sa spécificité, la mandragorine semble être en réalité une association des substances précédentes. En théorie, ces molécules peuvent
être á l'origine d'une intoxication mortelle.
Partie utilisée: Diverses présentations sont décrites pour l'utilisation de cette plante. Le suc est extrait de la tige, des feuilles ou du fruit ; la racine est débitée en rondelles et
présentée sous forme d'alcoolat dans du vin de miel ; les fruits peuvent être consommés séchés
Vertus: sédative, antispasmodique, anti-inflammatoire (en cataplasme), hypnotique et hallucinogène. Elle présenterait également des propriétés aphrodisiaques lui confèrent une vertus
fertilisante
Parties utilisées : Racine
Principaux consistants connus : Alcaloïdes : hyociamine, hyocine, pseudo hyociamine, mandragorine
Indications :Modérateur réflexeSpasmes (entéro-collites, hémorroïdes)
Crises douloureuses hépatiques et de l'ulcère gastrique
Asthme, rhume des foins, coqueluche
Règles douloureuses
Histoire:
L'utilisation médicale de la mandragore semble très ancienne : en Mésopotamie, plus de 2000 ans avant J.C, les prêtres babyloniens de Chaldée y avaient recours sous le nom de Yabinhin pour son
action narcotique et antalgique lors des rites initiatiques.
Dans l'Egypte ancienne (1500 avant J.C), la plante est retrouvée comme décoration et comme offrandes dans des tombes (Tout-Ankh-Hamon) .La légende de Hathor lui attribue des propriétés somnifères ,
le Dieu soleil Amon Râ endormant à l'aide de jus de mandragore sa fille Hathor qui s'apprêtait à massacrer l'humanité..
Posible usage vermifuge
Possible usage en momification
Hippocrate (460-380 av JC), auteur du célèbre "divinum est sedare dolorem", préconise son usage par voie interne en alcoolat à titre anti-dépresseur, antispasmodique et sédatif, ainsi que par voie
externe pour les injections vaginales ou dans le traitement des hémorroïdes.
Théophraste (372-287 av JC), élève d'Aristote, dans son ouvrage "Histoire des plantes" conseille le vinaigre de racine de mandragore comme inducteur de sommeil et mentionne la nécessité de
précautions de cueillette ,sur lesquelles nous reviendrons
.A Rome, Celse (en 15 av JC), dans son "De Arte Medica" décrit son action narcotique ainsi qu'un usage en collyre huileux à visée mydriatique, comme Galien (131-205 av JC)
Pline l'Ancien (23-79 av JC), dans son "Histoire Naturelle", précise que 1 cyathe = 0,45 l de vin de mandragore, entraîne une action soporifique, et engourdie la sensibilité, et la recommande avant
les ponctions et incisions.
Dioscorides (41-68 av JC), chirurgien de Néron, dans son ouvrage "Matière Médicale", recommande le Morion, variété de mandragore "mâle" per-os ou en inhalation avant les amputations et les
accouchements.
Apulée, au 4e siècle, rédige "De virtutibus herbarum" dans lequel il précise "si l'on doit couper ou cautériser quelque membre, ou y porter le fer, que le patient boive une demi once de mandragore
dans du vin, et il dormira jusqu'à ce que le membre soit coupé, sans éprouver aucune douleur".
Au moyen âge apparaissent les éponges soporifiques (ou somnifères) ; Saint Benoît, au Mont Cassin décrit en 880, l'inhalation à usage somnifère et antalgique d'un mélange de mandragore jusquiame et
opium. Les moines italiens des 12è et 13è siècles tels que P.Hugues à Lucca, Théodoric à Cervia, reprennent ces modalités d'utilisation. Le réveil est obtenu par inhalation de vinaigre. L'ouvrage
de Guy de Chauliac "la grande chirurgie" (Montpellier 1363) analyse de nombreuses recettes dites "endormitives" à base de mandragore, opium, ciguë, laitue, etc.
En cette grande époque de la magie et de l'alchimie, de nombreux bréviaires, tels ceux de Villeneuve(1483), Bulléyn (1579), Della Porta (1588), Lemnius (1660) ou Lémery (1738), mentionnent l'action
sédative de la plante et la possibilité de réalisation d'incisions lors de son administration.
A Londres, en 1597, J.Gérard, dans "History of plants" préconise encore le vin ou l'infusion de mandragore pour son effet somnifère et son effet "anodin" atténuant la douleur.
Depuis le 18ème siècle, l'usage de la mandragore est tombé en désuétude. Curieusement en 1847, Dauriol à Toulouse remet à la mode les éponges de sucs de solanacées et rapporte leur utilisation dans
le "Journal Médico-chirurgical de Toulouse" lors de la réalisation d'amputation de doigts, d'ablation de tumeur palpébrale ou du sein, et de cure de fistule anale. Quelques années auparavant,
M.Baur, avait par ses travaux démontré l'effet clinique minime obtenue lors de l'utilisation de la plante, dont l'efficacité serait à rechercher plutôt dans le domaine du spiritisme ou de
l'ésotérisme.
Au 20ème siècle, la mention de l'utilisation de la mandragore comme antalgique ou hypnotique a pratiquement disparu des formulaires pharmaceutiques, à l'exception de quelques usages possibles comme
antispasmodiques ou antitussifs. Son utilisation n'est plus que l'apanage des guérisseurs et sorciers africains qui l'utilisent pour ses effets sédatifs et hallucinogènes, ainsi que pour ses
prétendues vertus sexuelles.

La ceuillette
Les précautions lors de la cueillette sont classiquement énoncées dans les écrits de Paracelse (1493-1541) dont il existe diverses variantes décrites, mais figurent dans des manuscrits plus
anciens, tels que ceux de Josèphe (37 à 90) ou Théophraste. Pour se procurer la racine de mandragore si dangereuse, il fallait des rituels magiques. Celui qui arrache la mandragore sans précaution,
s'il ne devient pas fou en entendant les hurlements de la plante, sera poursuivi par sa malédiction...
Selon les divers écrits décrivant les rituels, on sait qu'ils se déroulaient les nuits de pleine lune. Les mandragores qui poussaient au pied des gibets étaient très prisées car on les disait
fécondées par le sperme des pendus, leur apportant vitalité, mais celles des places de supplice ou de crémation faisaient aussi parfaitement l'affaire. Des « prêtres » traçaient avec un poignard
rituel trois cercles autour de la mandragore et creusaient ensuite pour dégager la racine, le cérémonial étant accompagné de prières et litanies. Une jeune fille était placée à côté de la plante
pour lui tenir compagnie. On passait également une corde autour de la racine et on attachait l'autre extrémité au cou d'un chien noir affamé que l'on excitait au son du cor. Les prêtres appelaient
alors au loin le chien pour qu'en tirant sur la corde il arrache la plante. La plante émettait lors de l'arrachage un cri d'agonie insoutenable, tuant l'animal et l'homme non éloigné aux oreilles
non bouchées de cire. La racine devenait magique après lavage, macération et maturation en linceul ; elle représentait l'ébauche de l'homme, « petit homme planté » ou homonculus. Ainsi choyée, elle
restait éternellement fidèle à son maître et procurait à son possesseur, prospérité prodigieuse, abondance de biens, et fécondité. Elle était vendue très chère en raison du risque à la cueillette,
et ce d'autant plus que la forme était humaine, de préférence sexuée par la présence de touffes judicieusement disposées.
Utilisation de la Mandragore en encens
Pour l'utiliser sous forme d'encens, on mettra sécher la racine coupée en morceaux au soleil ensuite on la fera brûler sur des petites pastilles de charbon incandescentes que l'on peut se procurer
facilement dans n'importe quel bon magasin d'occultisme car elles sont utilisées pour toutes les cérémonies magiques. L'encens de mandragore sera surtout utilisé pour toutes les incantations
magiques ou les évocations d'esprits ; car elle a la faculté de les faire apparaître la nuit dans sa fumée...
On utilise aussi son encens pour acquérir temporairement des pouvoirs magiques ; pour cela il suffit d'en faire fumer un petit peu sur une pastille au milieu d'une petite sous-tasse et de s'y
placer au dessus afin d'y baigner votre corps nu.
Utilisation de la racine de Mandragore pour la conception d'un philtre d'amour
Pour acquérir l'amour d'une personne, on préparera le philtre de la manière suivante : on place dans un bocal quelques morceaux de racine de mandragore fraîche avec un peu
de votre sang, une mèche de vos cheveux, et vous recouvrez le tout de la même quantité de sucre. Vous placerez ce bocal trois mois dans un lieu à l'abri de la lumière ensuite vous filtrerez ce
précieux liquide au travers d'une passoire il suffira de quelques gouttes de ce philtre dans un verre de vin rouge ou de champagne accompagné d'un bon dîner pour déclencher l'amour de la personne
désirée...
Certains portaient un morceau de mandragore dans la poche pour éviter la mort , d'autres l'utilisaient
pour avoir les faveurs d'une femme, voici ce rituel :
Recette pour se faire aimer d'une femme : taillez la racine d'une mandragore en lui donnant l'apparence d'une femme, puis, la tenant dans la main gauche, tracez au-dessus
d'elle un pentagramme en disant : « Je vous appelle X. » l'enterrer alors dans son jardin, l'arroser d'eau, de lait et de sang avec ces mots : « Ce sang et ce lait rendront X mon esclave à jamais.
» Déterrez la racine la nuit suivante, une heure avant le lever du jour, et dites : « Que la lune bénisse ma prière pour remplir le coeur de X d'amour pour moi. » Une fois qu'elle est asséchée, il
suffira à l'amoureux de planter une aiguille d'argent en plein coeur de la figurine en pensant à la femme aimée avant de la placer sur une fenêtre exposée aux rayons de la lune.
Les romains faisaient des petites statuettes appelées"alrunes", on retrouvera ensuite le terme "alruna" qui signifiait mandragore et sorcières à l'époque des goths en allemagne.
source de l'article :
http://www.histanestrea-france.org/docs/textes/mandragore.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mandragore
http://www.chouette-noire.com/
par Seleniah
publié dans :
Le jardin Magique
0
recommander
Aucun commentaire pour cet article
Derniers Commentaires